Atelier d’écriture de Johary Ravaloson

 

 

CADRE DE L’ATELIER D’ÉCRITURE DE JOHARY RAVALOSON

Lors de ma résidence à la Maison des écritures, j’animai un atelier ouvert au public durant deux samedis. Il s’agit de construire à l’aide de contraintes un cadre dans lequel les participants écrivent en laissant libre cours à l’imaginaire.

On commence par créer des matériaux et des outils personnels suivant des consignes communes et chaque participant écrit en fin d’après-midi un texte, souvent une nouvelle, ou pourquoi pas le premier chapitre d’un roman à écrire hors de l’atelier. Un livre l’accompagne pendant tout l’atelier, le livre favori ou le dernier lu, délivrant quelques mots, une phrase, tel un coup de dé mal armé pour abolir le hasard.Pour briser la glace chacun se présente avec son livre, expliquant son choix, ce qu’il aime ou recherche notamment dans l’écriture.Fétichiste, j’ai choisi Gombrowizc, Cosmos (Denoël, 1966). J’aime les liens qu’il tisse entre des détails, des choses presque invisibles, et qui donnent un supplément de vie au réel et une tension à la lecture.Lors de l’atelier, suivant l’auteur polonais, on va tenter « d’organiser le chaos, former une réalité » avec des mots. Tout sera écrit et lu.

A la première séance, à l’instar de Cosmos, on a pris deux points de départ.

Deux fois, chacun pioche au hasard dans son livre quelques mots indiquant un phénomène, une sensation, une action, un objet. Le texte de la journée doit intégrer les deux points. De l’air frais et du sang qui goutte, une main qui effleure des cheveux et un ponton pourri, ou encore la lumière éclatante de la mer et une marche d’escalier, etc. L’esprit cherchera naturellement un lien, un sens. « Ainsi commence un processus de suppositions, d’associations, d’investigations, quelque chose va se créer, … ». En attendant on étoffe la préparation avec des personnages créés à partir de portraits chinois.

Si j’étais un arbre, un lieu, un savant, une musique, une route, je serais … Sauf qu’on va ajouter une deuxième phrase à la première : Il/elle serait (un baobab). Il/elle (gardera de l’eau pour l’été brûlant). Cinq fois. On ne prendra que les cinq deuxièmes phrases à la lecture. Les seules écrites par le participant. Il les lira ensemble. Le premier personnage est cerné. Le deuxième personnage est construit en vis-à-vis en complétant les propositions suivantes :

Quand il/elle sera face à l’arbre, le lieu, le savant, la musique, la route, il/elle … Là encore, on ne gardera que les deuxièmes parties qu’on lira ensemble. Il faut maintenant former une réalité impliquant les deux personnages et les deux points de départ en une page. Une sorte de mise en place, un contexte, un cadre à un futur événement. Il n’y aucune contrainte à part la présence des quatre éléments. Après chaque lecture, tout le monde peut donner son avis.

Les discussions se poursuivent pendant la pause-déjeuner prise ensemble.

A la reprise, on consulte à nouveau Gombrowicz qui nous délivre « l’art de la voltige ou du contraste » que, d’après lui, devait connaître sur le bout des ongles tout fonctionnaire candidat à un haut poste ( !) : « Si tu es obligé, je prends un exemple, de réprimander un employé, que dois-tu faire en même temps ? Eh bien, naturellement, mon vieux, tu sors ton étui et tu lui offres une cigarette. » Je propose d’abord aux participants de préparer des « cigarettes » avec le jeu oulipien du contraire. Il consiste à prendre des mots à préfixes supposant une idée contraire tel que in-, im-, a-, dé-, dis-, etc. Seulement il faut choisir ceux qui justement ne correspondent pas à cette supposition et les utiliser délibérément à mauvais escient.

Une impression, pour le contraire d’une pression ; digérer, pour le contraire de gérer ; médire pour se taire, etc. Chaque participant doit trouver trois faux usages de la sorte et les placer dans une phrase pour faire toucher le sens voulu. En faisant glisser le sens ainsi, inventer un espace de liberté dans l’écriture et créer un décalage dans la lecture.

Chaque participant doit alors écrire un texte qui commence avec une perturbation d’un ordre intégrant les quatre éléments du matin, une anomalie, un accident et déployer l’art de la voltige dans la narration.

Le deuxième samedi, on attaque avec Ryan O’Hara-Jovos que je présente comme un auteur de la banlieue de Londres, de mère irlandaise et de père médecin indien immigré du Maharashtra dans les années 60 … En fait il n’existe pas. Son nom est l’anagramme du mien. Il s’agit de faire voir le potentiel d’histoire livré dans un nom.

Les participants constituent à leur tour un personnage avec l’anagramme de leurs noms, et en s’aidant de questions diverses et simples - d’où vient-il ? où vit-il ? qu’est-ce qu’il aime, n’aime pas, le fait rire, le met en colère ? – écrivent un ou deux paragraphes. Un deuxième personnage est créé à partir d’un personnage existant déjà dans leurs livres favoris. Un premier paragraphe relate la rencontre des deux personnages, où, quand, comment, et un deuxième précise de quoi ils ont ri ensemble.

Les participants avec ces éléments écrivent un dialogue d’une page dans lequel chacun des deux personnages doit avoir un secret que l’autre ne connaît pas. Le texte ne doit pas révéler les secrets mais les laisser affleurer. Après chaque lecture, tout le monde peut donner son avis. Les discussions se poursuivent pendant la pause-déjeuner prise ensemble.

A la reprise, les participants tirent de leurs livres une belle phrase à imiter. Ils devront la placer en exergue du texte final. Ils doivent ensuite préparer deux personnages secondaires : une connaissance (absente de l’atelier) et un animal de compagnie. Puis les décrire dans une situation difficile et inattendue sur une page.

Le texte final intègre tout ou partie des éléments préparés, dénoue ou pas les secrets, avec une chute ou un envol. Les participants doivent utiliser une copie de la phrase idéale en lui empruntant sa structure et, dans leur narration, une dimension sensorielle en sus des habituelles vues et ouïes.

Après chaque lecture, tout le monde peut donner son avis. Chaque participant retravaille librement ses textes.

 

Neuvy-le-Roi, 6 octobre 2018

Johary Ravaloson

 

Bibliographie complémentaire :

- La littérature Potentielle, Oulipo, collectif, Ed. Folio essais, 1973.

- Ateliers d’écriture littéraire, C. Oriol-Boyer & D. Bilous (dir.), Cerisy, Hermann Ed., 2013.

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  • Atelier d’écriture du 29 septembre 2018

 

Texte 1 -

Elle était belle et forte.

Ses pas sur la plage la guidaient vers cet arbre posé seul, au bord de l’eau.

Elle savait qu’il serait là à attendre.

Sa vie n’était plus la même depuis cet AVC qui l’avait privé de l’usage de sa main gauche ; il ne pourrait plus jouer cette musique qui était toute sa joie.

La mer est calme. Pourquoi alors souhaiter être ailleurs à cet instant ?

En s’approchant elle le voit. Son corps est plié en deux

Parler leur fera du bien à tous les deux.

Le doux clapotis des vagues qui lèchent ses pieds lui souffle d’une mélodie, celle de cette chanson qui avait scellé le début de leur amour…mais aujourd’hui il en faudra sûrement plus que cette petite musique pour lui redonner l’envie de vivre

 

Tout à coup un bruit mat et sourd qui vient de l’arbre. Elle court, vite « p***** de noix de coco ! Elle m’a assommé »

«  Tout va bien mon chéri »

« Non tout va mal justement ; regarde je saigne. Quelle idée de me donner rendez-vous ce cocotier ! »

« J’ai pensé que ce serait une bonne idée de parler un peu tous les deux »

« Rien à dire. Plus rien à te dire, je suis foutu, un bon à rien, j’ai fini ma vie, regarde-moi je ne suis qu’une loque et en plus je pisse le sang »

« Tiens prends ce mouchoir, essuie toi un peu, va te laver dans la mer. L’eau est bonne tu sais »

«  Mais tu crois quoi ? Que je vais aller nager alors que mes main est morte et que je marche à peine »

 

Le silence s’est installé entre eux. Seul le bruit des vagues se fait entendre de plus en plus fort. La mer devient noire, il faudrait rentrer. La houle se lève et le vent forcit mais ni lui ni elle ne pensent à bouger. Au loin sur l’horizon une grande vague blanche se détache sur le ciel devenu sombre. Elle est plus haute que les autres ; il faut partir, il faut fuir rapidement mais ils semblent ne rien voir de ce qui se passe au loin. Les yeux dans les yeux, ils se regardent, rien ne les atteindra jamais.

Elle prend sa main morte dans les siennes et tout semble suspendu…

La mer va les emporter et ils ne vont pas nager, ils ne vont pas courir, ils vont profiter de ces derniers instants ensemble. (*)

Au moment où la vague énorme déferle sur le rivage elle sent que sa main se serre dans les siennes. L’eau est arrivé avec force et violence d’un coup et elle les a broyé puis emporté si loin qu’on ne les a jamais retrouvé.

 

 

 

Fin alternative :

(*)

A l’instant où l’eau touche le sable, une violente rafale de vent souffle de la terre et s’oppose à la force de l’eau, elle brise net l’élan liquide et ce n’est qu’une grosse vague qui se dégrossit et déferle sur la plage. Elle mouille leurs pieds, leurs jambes…et seule la noix de coco flotte au loin emportée par la mer.

 

 

MC

 

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  • Texte 2 -

Des yeux trop bleus

  • Merde ! répéta-t-il, pas l’ombre d’un maïs à l’horizon ! Où allait-il se planquer ?

Le regard douloureux, mais tenace, pénétrant, s’imposa à lui de nouveau. L’acuité des yeux très bleus, trop bleus, d’une froideur insoutenable, le menaçait régulièrement, et cette fois, il était vraiment à nu, nu comme un ver, en rase campagne, au croisement de ces deux routes. Il songea à La mort aux trousses qu’il avait revu dernièrement et frémit.

  • Merde ! s’exclama de nouveau Lewis, se jetant à terre.

Les souvenirs l’assaillaient et il se retrouvait dans ce train pour Moscou – oui, tout le malheur venait de là-, où il avait jadis passé la nuit, un wagon-couchette (rien que ça), lui avait gracieusement été offert. Il avait alors dix-sept ans , il descendrait à Berlin- Ouest !-. Certes le voyage était de courte durée. Les passagers, pour la plupart des Polonais , occupaient les wagons , de retour à l’Est pour un bref séjour dans la famille , leurs valises bourrées au maximum, inondaient les filets de produits : nourriture, sucreries, saucissons de toutes sortes, produits de l’Ouest qui viendraient réjouir les Noëls trop ternes de ceux qui étaient restés au pays.

Il songea à ce train et à ce moment où, levant la tête, il avait croisé pour la première fois ce regard. Elle était assise sur le bord du lit en hauteur qu’on venait tout juste d’installer, le bleu de ses yeux l’avait immédiatement comme percé à jour.

Et puis, elle avait ouvert le sac, la petite mallette qu’elle tenait si fermement sur ses genoux. Un bruit, un « clic », en signala l’ouverture, elle plongea, le fixant toujours de son regard bleu qui lisait à travers lui, la main, à l’intérieur du sac, et en retira un boîtier de verre dont le contenu lui échappa. Soudain, un choc ! Le train fut brutalement secoué par un coup de frein inattendu. Un fracas de verre cassé et ce fut la consternation. Sous le regard effaré d’Alice, car Lewis le saurait bientôt, c’était là son prénom, celui du  «  Pays des Merveilles », comme subitement dévoilée, dénudée, avilie d’être ainsi répandue à l’extérieur, parut une petite Vierge à l’enfant en biscuit !

L’émotion était trop forte, il était en nage, dans sa valise qu’il ouvrit à la hâte, il prit une serviette pour se détremper.

Oui, il la reconnaissait, cette figure virginale. Enfant, Lewis servait la messe à l’église du village, un jour, le Père Cuteur lui avait demandé de retourner au presbytère chercher l’encens qui manquait pour officier. Il s’était précipité, longeant les stalles où siégeaient les notables , l’un priait avec ostentation, l’autre somnolait, reprenait un peu de sommeil à une nuit trop courte, agitée, un dernier enfin, regardait sa montre, l’heure de savourer son verre de blanc au « Bon muscadet » approchait… Mais voilà, Lewis s’était pris les pieds dans sa robe, et se retrouva bientôt le nez contre terre, rageant de ce que le bon Père Cuteur oubliât toujours quelque chose. Il décida, reniflant, qu’il n’y retournerait pas à cette messe, il reprit le chemin du presbytère, franchit le seuil, mais au lieu de se diriger vers le tabernacle où se trouvait l’encens, il pénétra dans la cuisine, et ce qu’il découvrit là ce fut un véritable pays de cocâgne qui eût pu faire pâlir de jalousie Haensel et Gretel, et au milieu de toutes ces merveilles sucrées, il vit un visage d’une pureté virginale réalisé dans une pâte d’amande couleur pistache. Il s’en saisit et l’ingéra derechef !

Le regard bleu désormais couché sur le côté et bercé par les secousses du train avait continué de l’observer. Pourquoi ? Etait-il possible qu’elle sût son méfait passé ?

Ses palpitations avaient repris.

Le sifflement du train avait traversé la campagne , les champs d’un blanc immaculé avaient succédé à d’autres champs neigeux : une page blanche pour y écrire son crime, le crime initial !

Les années avaient passé, le regard n’était plus réapparu que de loin en loin. Il l’avait presque oublié , alors quoi ?

  • Merde et merde !

Il ne pouvait plus fuir. Seul, à bouffer la poussière de ces terres arides, hostiles du plateau des Causses. Il leva la tête pour soutenir le bleu du ciel impitoyable.

Oui, il avait englouti la Vierge d’amande ! Et , fou d’angoisse, il l’avait refaçonnée avec de la pâte, trempée dans un liquide trouvé là, pour l’amollir. Et puis, finalement, il avait repris sa place dans le chœur, assistant religieusement au moment de l’Eucharistie.

Le lendemain on avait annoncé la mort du Père Cuteur. Une indigestion, avait-on dit.

En se relevant, Lewis eut encore une pensée pour Alice, mais ce fut la dernière.

 

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  •  Texte 3 -

 

Tourneboulé

 

Les montagnes oscillent sous la chaleur. Seul, j’ai parcouru les Cévennes de long en travers, suant sang et eau pour atteindre le gîte chaque soir. Cela dure depuis deux mois.

Du point de vue où je me trouve, ivre d’espace, je vois en contrebas une rivière jalonnée de rochers blancs… Une femme nage souplement dans le creux d’un rocher, sorte de piscine naturelle verte, bleue, fraîche.

La femme, Claire, est au rendez-vous. Maintenant sortie de l’eau, telle un grand oiseau blanc et noir, immobile, elle attend, fixant la surface de l’onde.

Je levai les yeux vers le ciel, transporté de bonheur. Je pourrais danser tout le jour et toute la nuit avec mon amoureuse. La lumière passe dans le feuillage clair de l’arbre et m’invite à reprendre le sentier étroit et escarpé pour descendre vers la fraîcheur.

Il est 18 heures. Je marche… et rape sur une flaque. Un caillou boule puis un autre… Je regarde vers le haut : le torrent sec s’est gonflé et ruisselle de morceaux de roc, de débris végétaux. Tout ce flot se précipite vers le bas et me déménage avec lui. J’imperds les pédales, tombe, déroule, découle, rive et intente de me tenir aux branches. Mon sac à dos se tache et se tire. Je sens… je sens…

J’rive sommé, aux pieds de ma belle. Le sombre rictus de Claire, pas clair, me dégèle d’un coup.

Pourquoi cette pression de jamais vu ? Claire clare d’une voix forte : – « bonsoir, d’où vas-tu ? »

Je perds les dalles à mon cou et ne reviens jamais dans ces vaines montagnes.

MS

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Atelier écriture du 06 octobre 2018


 

  • Texte 1

Il s’appelle CANTIECLE comme son grand-père et son trisaïeul.

Dans sa famille on donne ce prénom étrange une génération sur deux.

Y aura-il une autre génération ?

Il est originaire de la partie la plus septentrionale de l’Écosse, cachée au milieu des lacs et des collines, là où les sons sont étouffés par la brume quasi permanente, là où les odeurs de la nuit sont si fortes qu’on peut en perdre le sommeil.

C’est là qu’il vit une grande partie de l’année sauf pendant les mois de juillet août où on ne le voit pas ; son amour pour le brouillard est si fort que dès que le ciel est bleu il disparaît.

Mais plus encore que le beau temps ce sont les touristes qu’il déteste surtout lorsqu’ils sont armés de leurs appareils photo. Comme il peut rire de leur naïveté et de leur bêtise à vouloir à tout prix lui tirer le portrait. Mais la colère le gagne lorsque, sans prévenir, sa mère lui assène une bonne claque derrière l’oreille pour qu’il reste caché.

 

C’est justement un de ces soirs, où les fougères craquent sous les pas et où les bruyères parfument délicatement l’air lourd chargé de vapeur, que Victor Coste l’a rencontré.

Victor, inspecteur en région parisienne, est venu prendre du repos loin de chez lui. Une pause bien méritée après cette enquête impossible, éprouvante.

 

C’est CANTIECLE qui s’est montré le premier, d’abord timidement puis il a sorti sa tête de l’eau et a poussé un long soupir une sorte de plainte modulée presque comme le début d’une chanson.

Victor a tout d’abord été surpris puis il s’est mis à rire, à rire jusqu’à s’en étrangler. Cette étrange tête qui le regarde de ses yeux doux à travers le brouillard, rêve ou réalité ?

Faut dire qu’il n’est pas tout à fait dans son état normal avec tout le scotch qu’il a bu chez sa logeuse avant de partir marcher alors une telle vision quoi de plus naturel dans ces circonstances.

 

Victor, ou plutôt Coste comme tout le monde l’appelle, est un vieux flic bougon qui sait toujours comment dévier la loi pour trouver le coupable. Il aime travailler seul mais son équipe l’adore et il connaît bien son département le « 9.3 », ses commissariats et ses prisons, ses petits délinquants et ses gros caïd, sauf que sa dernière enquête l’a anéanti et c’est pour cela qu’il est venu dans ce coin perdu. Comment a-t-il pu se tromper à ce point et quelles conséquences…. Car elle est morte à cause de lui, à cause de son entêtement, alors cette bestiole qui le regarde ce soir, c’est vraiment pas grand-chose. Quelle importance.

 

  • ben mon vieux c’est une chance que je te trouve ici j’ai justement besoin de compagnie. Mais que je suis bête, tu ne parles pas. C’est comme mon chien, j’arrête pas de lui causer comme s’il allait me répondre… oh ! … et puis zut !

Victor se retourne alors vers l’autre bout du fjord, les yeux perdu, le cœur qui s’emballe. Il va très mal et se demande s’il parle vraiment à une sorte de dinosaure préhistorique qui lui souffle une odeur nauséabonde dans la figure.

 

  • tu dois pas te brosser les dents souvent, ton haleine est épouvantable
  • la tienne aussi !
  • mais… mais… tu causes !!
  • depuis le temps que je côtoie les humains j’ai appris leur langue et j’en connais même plusieurs


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