Les Articles de Cassandre Riverain

L’Imagination au Rendez-vous

« Rencontrer une artiste, ça fait toujours un petit choc« , confie Simon. Pour les élèves de 6ème du Collège de Château-la-Vallière, la résidence d’artiste se poursuit.

La journée commence par l’atelier d’art, chéri par les enfants. Au programme aujourd’hui : Travailler l’illustration avec différentes techniques, sur un format accordéon. Crayons de couleur, pastels, peinture, craie, encre, tous ces outils sont mis à la disposition des enfants pour imaginer la maison de leur héros. Pour Chantal AUBIN, l’objectif est de créer des illustrations « toutes douces, agréables, avec un fond pastel très estompé, avec de la profondeur« .

Obnubilés par le nombre de techniques proposées, les élèves perdent l’objectif de légèreté de vue, avant d’y revenir très vite, encouragés par leur professeur et l’artiste.

L’atelier d’art est l’occasion de revenir avec eux sur la Résidence.

« Se laisser aller »

« Je suis contente de voir une artiste, j’en avais jamais vu de ma vie« , dit Lucie, toujours attentive à son dessin. Pour cette élève de 6ème A, la présence de Chantal AUBIN constitue une réelle opportunité, elle « aime ce qu’elle fait avec cette artiste« .

C’est un sentiment partagé au sein des élèves qui participent à la résidence. L’appréhension a vite laissée place à l’enthousiasme. Carla qui « appréhendait avait peur de [s']ennuyer et d’écrire« , est maintenant emballée par le projet, d’autant plus qu’elle « aime bien que ça parle de la nature« . Mathieu « n’aimait pas trop le projet à cause de l’écriture » mais son avis a changé au fur et à mesure des ateliers d’art. Un sentiment de fierté transparait sur son visage lorsqu’il déclare être « content car le livre va être exposé« , et Carla d’ajouter que « ça fait plaisir d’exposer notre travail« .

Oriane, quant à elle, apprécie la Résidence pour d’autres raisons : « j’ai déjà fait des livres dans mon ancienne école, et là je suis contente de faire un conte. En plus, j’ai toujours voulu faire des livres mais j’avais pas la patience chez moi » dit-elle.

« L’heure de l’écriture »

Après le repas, les élèves s’attaquent à l’écriture. Bien plus crainte que l’art plastique, elle ne parvient pourtant pas à émousser leur enthousiasme. Pour les élèves de 6ème A, l’heure est consacrée à l’imagination. Le groupe doit, avec l’aide de Chantal AUBIN, créer l’histoire qui sera le socle de leur récit. Après délibération, ils conteront les aventures de Roussinet, héros qui devra affronter maints danger avant de sauver une mystérieuse princesse …

Chez les 6ème B, l’imagination aussi est de mise mais en petits groupes de quatre élèves. Chaque groupe doit constituer la base de son conte qui sera étayé plus tard grâce au travail de l’écriture. Les élèves volontaires parviennent, sans difficultés, à établir des intrigues, les unes plus énigmatiques que les autres.

Cassandre RIVERAIN – mars 2018

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Haïku et encre de chine au collège de Château-la-Vallière

Ambiance studieuse et détendue dans la classe d’art plastique du Collège de Château La Vallière. Les élèves de 6ème A et SEGPA, écoutent attentivement leur professeur du jour, Chantal Aubin, artiste et écrivain. Au programme, initiation à l’encre de Chine ! Face à leur mine perplexe, l’artiste leur présente le bâton d’encre et la pierre d’encre. Il est temps de leur expliquer de quelle manière on fabrique de l’encre. Chantal Aubin montre l’exemple, avant de passer le flambeau aux élèves, qui sont surpris par l’agréable sensation du bâton sur la pierre d’encre. C’est là tout l’intérêt de la fabrication de l’encre, puisqu’elle « met en pratique tous les sens, l’odorat, le toucher, l’ouïe » selon l’artiste. Un des enfants après avoir senti le bâton estime, par exemple, que « ça sent comme la terre ».

 

« le matériel : boîtes, livres »

                                                                 « démonstration : trait à l’encre au pinceau »

Place à la création

 

 « Encre de chine – dorure – motif d’inspiration chinoise – pinceau imbibé d’encre noire »

 

Les collégiens, pressés de participer à la création de leur encre, font toutes sortes de remarques. « Le bâton sent comme la pierre », « il ramollit sur la pierre quand on tourne », «  il sent l’automne », sont autant d’interprétations qui fusent dans la classe. Après l’effort, le réconfort ! Les artistes en herbe peuvent maintenant s’adonner, avec grand plaisir, à la pratique de l’encre de Chine. Et ils s’en donnent à cœur joie, forêts, fleurs et lettres en tous genres apparaissent d’un coup de pinceau sur les feuilles blanches. Tous les traits du même pinceau laissent apparaître des myriades de formes différentes, d’épaisseurs différentes ou de noirs différents. Une production riche tant les élèves n’ont pas le syndrome de la page blanche !

 

 

« Mains d’élèves à l’œuvre : plusieurs  réalisations de feuillages »  

 

                  "exemple de réalisation par un élève en Décembre 2017"

 

Après l’art vient l’écriture


 

                                                                                                                    

« matériel : boîte de crayons à diluer + palette à encre ou peinture »              

  « un élève à l’œuvre : motif en couleur »

 

 

 

 

Après un repas de Noël mérité, l’heure est venue pour les 6ème SEGPA de s’essayer à l’écriture, l’occasion pour eux de décorer leur création artistique avec des petits poèmes de leur plume. Un véritable brainstorming se met en place au sein de la classe, lorsqu’il s’agit de proposer des éléments naturels en lien avec l’automne. Chantal Aubin a proposé aux collégiens d’écrire des haïkus, des petits poèmes japonais qui suivent les saisons. Pour l’artiste, c’est surtout la possibilité de « visualiser quelque chose auquel on a assisté de façon poétique, prendre une photo mentale et la retranscrire par écrit.  ». C’est l’occasion pour ces écrivains en herbe de « s’approprier des éléments pour en faire une phrase, et utiliser leurs sens, en visualisant les animaux, les odeurs, les sons, comme lors de l’atelier encre de Chine ». Après un début hésitant durant lesquels les « ça va être dur ça » résonnent en chœur dans la salle, les collégiens se lancent finalement, avec beaucoup d’imagination et d’enthousiasme. Les haïkus naissent les uns après les autres sur les cahiers, et les élèves sont véritablement enthousiastes et appliqués. La frustration de la fin de l’atelier arrive même au moment de la sonnerie. Une véritable réussite pour cette première journée de résidence, où l’artiste et les collégiens ont pu échanger et partager !

 

Cassandre Riverain