Les Coups de coeur du Comité de lecture

A propos de quelques meurtres

et d’une auteure : Estelle Maubrun

 

Une boulangerie, une madeleine, un village qui lui-même ressemble à « une brioche en tranches », nul doute que l’action va se dérouler en Eure et Loir dans le lieu proustien d’Illiers, désormais devenu Illiers-Combray.

Adeline Bertrand-Verdon, la redoutable présidente de la « Proust Association » a été assassinée, ce 18 novembre, dans le bureau de la tante Léonie (Elizabeth, en fait, la tante de Marcel Proust). On est à la veille d’un colloque auquel doivent assister des universitaires et un vicomte, un commissaire aussi, dépêché par sa sœur, alitée, qui prépare sa maîtrise de littérature sur Proust. Il est dans le train qui le conduit à Chartres, direction Illiers. Il y rencontre Gisèle Dambert, la secrétaire de Mme Bertrand-Verdon, justement…

Tout au long de  Meurtre chez tante Léonie, ce premier roman policier,  se diffuse un parfum proustien, comme,  par la suite,  l’univers de Marguerite Yourcenar imprégnera à son tour l’atmosphère de Meurtre à Petite-Plaisance. Nous y serons dans l’île, dans la maison même de l’auteure. Dans ses quatre romans policiers Estelle Maubrun s’amuse beaucoup à établir une connivence avec son lecteur, proustien ou non. On a plaisir à retrouver d’ un roman à l’autre, les protagonistes, Gisèle, et Jean-Pierre Foucheroux, le commissaire.

Les «  ingrédients » sont multiples, le suspense bien sûr,  au cours de l’enquête menée par le commissaire et son assistante, Leila, les liens qui se créent, les idées,  ainsi, des idées féministes , portées par tel personnage. Tel autre, d’apparence plus désuette, en harmonie avec l’ambiance  « anglaise » du roman policier, mais au regard si bleu, ne manque pas  de charme aux yeux de certain commissaire…